NOUVELLES: "A chaque fois que je respire"
"La dernière fois, elle est partie en catimini, une sortie très cruelle et sans fanfare, comme à son habitude. Mais cette fois, elle s’est mis en tête une idée saugrenue : le quitter avec élégance.
C’était compter sans le whisky.
Le sentiment évanoui est l’une des vingt nouvelles qui composent ce recueil où les failles se glissent partout : dans l’obscurité rouge d’un club échangiste, dans la vie étriquée d’un couple vieux depuis le début de son mariage, dans l’amour dont l’autre ne veut pas ou dans celui qu’on n’ose pas avouer, dans les battements de cœur d’une enfant entraînée par un inconnu au fond d’un fossé, dans le silence obstiné d’un petit garçon qui aime trop sa maman, dans l’esprit dérangé d’un collectionneur de papillons ou dans celui d’un sniper qui philosophe derrière son fusil à lunette…
lundi 18 mai 2009
Vous écrivez comment? Nue.
"Textes et photographies", les Nus de Marianne, là-haut...
mercredi 18 février 2009
Parlez-moi anglais, je répondrai peut-être
Photographie de So-raya. Voir "Mes Liens" en bas, à droiteJ'ai accepté la proposition la plus classique: on est dans un hôtel, dans le beau salon d'un bel hôtel, près d'une fenêtre, moi dans un fauteuil confortable, l'oeil irrésistiblement attiré par l'extérieur. Ce n'est pas qu'il m'ennuie, ce jeune homme, c'est que c'est inévitable: il va me poser des questions. Je perçois une forme sur ma gauche, quelqu'un va prendre des photos, et c'est plus fort que moi, je tourne légèrement tout le buste pour lui présenter mon dos. C'est enfantin, je sais bien qu'il ne va pas se laisser faire, mais je n'y peux rien: j'ai horreur qu'on me prenne en photo, d'autant que plus je vieillis, moins je suis photogénique, ce qui est diablement embêtant pour quelqu'un qui devient auteur à mon âge. Comme il a bien fallu que je propose une zone de mon corps un peu plus présentable, me voici de trois quart. Alors je secoue mes cheveux pour les faire tomber sur mes yeux, mais ma frange est trop courte. C'est assommant, des cheveux qui ne poussent pas. Comment vous est venu l'écriture?
mercredi 21 janvier 2009
Il ment, mais pas vraiment...?
"Textes et Photographies", Les Nus de Marianne, en haut, à droite.
lundi 22 décembre 2008
La Muse au balcon
Rubrique "Textes et Photographies", en haut à droite, Les Nus de Marianne...
mercredi 10 décembre 2008
L'appel
Allez dans "Textes et Photographies", tout en haut...
vendredi 5 décembre 2008
D'un coup d'aile
C’est agaçant, c’est horripilant, et je ne peux rien y faire. De désarroi, je fixe mon stylo qui ne me dit rien, je ne jette même pas un œil à la page, je fourrage dans ma tête, certains y parviennent fort bien : à la fin, eurêka, ils jubilent. Moi, je bloque. Il faudrait faire le gros dos, ne pas s’en inquiéter, se souvenir qu’on l’aime libre, son imagination, libre et fantasque. La mienne est tout à fait indépendante : en ce moment, elle joue à cache-cache, et j’ai renoncé à lui courir après. Assise sur mon siège, j’attends, l’air de rien, mais je ne la leurre pas, et elle gambade je ne sais où.
Il y a peu, on s’est exclamé : « Mais où trouvez-vous donc toutes ces idées ? ». Là est bien le problème : je ne les trouve pas, c’est exactement l’inverse. Il y a longtemps, je pensais avoir mis le doigt sur la solution : je tendais des pièges musicaux à mon inspiration. Une mélodie, un état émotionnel, et hop ! je l’attrapais au lasso. Des années plus tard, je me suis rendu compte que je n’attrapais rien du tout, rien que la griserie des mots. Or, écrire, ce n’est pas céder à la tentation du joli mot – quand on se « lance » dans l’écriture, le pire est que l’on confond souvent « joli » et « compliqué », et l’on se gargarise d’un flot dont on ne comprend pas, encore, qu’il n’est pas de l’écriture.
Le décor, aujourd’hui, est beaucoup plus aride : je ne me raccroche à rien. C’est ennuyeux à dire, mais c’est ainsi : cela vient, ou cela ne vient pas.
Et d’en conclure que je n’ai pas d’imagination ?
C’est tout à fait, terriblement, vrai. Je n’en ai pas, c’est elle qui est. Et en ce moment, elle est où cela lui chante. J’en cafarderais de dépit si je n’avais un naturel heureux.
jeudi 4 décembre 2008
A nu, ou presque
Cliquez sur Les Nus de Marianne, tout en haut à droite, sous la rubrique "Textes et Photographies".
jeudi 27 novembre 2008
Un homme conquérant en diable
Cliquez tout en haut, sur Les Nus de Marianne, il vous en dira plus...
vendredi 21 novembre 2008
La part de soi
Ah mais non!
Peut-être, va savoir...
Vous croyez?
Oh?
Mais enfin, mais enfin quoi! D'agacement ou d'effarement, je ne trouve plus mes mots et je bafouille des exclamations creuses, mais il faut dire, c'est un parti-pris tellement stupéfiant...!
Comment dire... Cette drôle de conclusion est (pardonnez-moi) un peu saugrenue. Elle laisse à penser que, lorsque l'on regarde un film, on associe absolument l'acteur ou l'actrice à son personnage, ce que l'on fait rarement. Pourtant, l'acteur engage tout son corps dans son art: il utilise ses gestes, sa voix, sa respiration, des intonations qu'il n'a peut-être jamais eues de sa vie, pour incarner un personnage qui n'est pas lui. L'auteur n'est guère différent. Il puise dans ce qu'il est, dans son existence au sens large du terme. Si large, que ce qu'il a effectivement vécu ne représente qu'une goutte d'eau dans cet océan de vie. Et comme il écrit de la fiction, c'est plus fort que lui: il est bien rare qu'il ne lui ajoute ou ne lui ôte un peu de sel, d'eau, de couleur ou d'odeur. Ce n'est plus bleu, c'est rouge; ce n'est plus rond, c'est carré.
On se dévoile nécessairement dans toute création, mais il ne s'agit pas de parler de soi. En tant qu'auteur, pour paraphraser un autre auteur (lisez le dernier numéro de la revue Décapage, nul doute que vous aimerez)... En tant qu'auteur, je suis la personne qui m'intéresse le moins.
On croit que l'écriture, c'est l'expérience de l'intime.
Non, non.
L'écriture, c'est un jeu. Un jeu magnifique qui consiste à "faire comme si," absolument: c'est un jeu d'enfants.
Le plus beau, c'est la part de l'autre.
lundi 10 novembre 2008
Les Nus de Marianne
Ce nouveau site est celui d'une conversation dont on ne sait pas qui a pris la parole en premier, ou qui parle en dernier.
Le site se trouve en lien en haut à droite, sous "Textes et Photographies".
Vous aimez les histoires, n'est-ce pas?
jeudi 30 octobre 2008
Questionnaire de Proust, ou presque.
Musée Dali, Figueras.
On m'a posé la question qui tétanise le plus: "parlez-nous de vous", et "on" a ouvert un calepin. A froid, chacun conviendra que c'est un peu désarçonnant. Alors j'ai fait ce qui m'a paru le plus approprié: j'ai souri aimablement, et répondu d'un air affable, "Je vous écoute".
1- Le principal trait de mon caractère :
Un entêtement qui a le bon goût de faiblir de temps à autre.
2 – L’homme le plus charmant du moment :
Il est anglais, et il a une Aston Martin.
3 - La femme la plus charmante du moment :
Celle qui regarde dans les yeux sans en avoir l’air.
4 - Ce que j’apprécie le plus chez mes amis :
D’ignorer les faux-semblants.
5 - Mon principal défaut :
La prudence.
6 - Mon occupation préférée :
Faire ce qui me chante au moment où cela me tente le plus.
7 - Mon rêve de bonheur :
Il s’adapte aux circonstances.
8 - Mon plus grand malheur en tant qu’auteur :
Ne plus pouvoir écrire ! Je plaisante... Si, je vous assure, je plaisantais. Mais de grâce, ne me demandez pas ensuite ce que j’emmènerais sur une île déserte, sinon je vous l’assure, je mens. Bien. Mon plus grand malheur d’auteur serait aussi mon plus grand malheur d'adulte… Egarer un peu trop mon enfance.
9 - Ce que je veux écrire :
De la littérature. Pas vraiment par snobisme, ni par défi ou par goût du risque, mais parce c’est ce qui sonne le mieux à mes oreilles.
10 - Le pays où je désirerais vivre :
Plusieurs, six mois ici, quelques mois là.
11 - La couleur que je préfère :
Le rouge, bien entendu.
12 - La fleur dont j’ai horreur :
L’orchidée, à cause de ses airs arachnéens.
13 - L’oiseau que je préfère :
Libre, avec un regard ahuri.
14 - Mes auteurs favoris en prose :
Je n’ai que des livres préférés.
15 - Mes poètes préférés :
Baudelaire, Char, Prévert, Eluard.
16 - Mes héros dans la fiction :
Du moment qu’ils ne meurent pas à la fin.
17 - Mes héroïnes favorites dans la fiction :
Celles dont la beauté des gestes va de soi.
18 - Mes compositeurs préférés :
Chopin, et Bach. Ou bien Beethoven. Les romantiques, il semblerait bien.
19 - Mes peintres favoris :
Ceux dont la matière des tableaux vous sautent aux yeux ; et les mains, alors, vous démangent.
20 – Mon heure favorite pour écrire :
Quand l'envie m'en prend. J'ai un rapport capricieux à l'écriture, capricieux, mais respectueux : on ne se brusque pas.
21 – La question qui m’horripile le plus :
Quand vous me verrez sourire sans répondre.
22 – Comment je choisis les noms de mes personnages :
Souvent par hasard, comme mes mots de passe que j’oublie régulièrement mais que je ne note nulle part.
23 – Mon animal préféré :
Celui des écrivains, que vous êtes drôle, vous.
24 – PC, Mac, stylo ou crayon ?
Ce que j’ai sous la main.
25 – En vérité ?!
Pourquoi pas?
26 – Avec quoi je signe :
Au stylo plume. Encre noire. La plus belle manière d’écrire. (Ah ! Quand même !)
27 – Et le don de la nature que je voudrais avoir :
La lucidité.
28 – Le souvenir que j’aimerais effacer :
C’est fait, mais il est malin et entêté : il revient toujours d’une manière ou d’une autre.
29 - État présent de mon esprit :
Un brin taquin.
30 – On écrit toujours ce qu’on est :
Si cela peut vous faire plaisir…
31 - Ma devise :
N’importe quel proverbe sympathique.
32 – Ma plus grande faiblesse d'auteur :
Longtemps, cela a été de trouver des titres. C’est sans doute encore vrai.
33 – Pourquoi je choisis des personnages un peu fêlés :
(Sourire).
mardi 28 octobre 2008
Salon du livre de Lyon
Utopies...Quelque chose comme cela, oui, comme un léger manteau intérieur.
Je vais donc me promener Place Bellecour, sous et hors le chapiteau. "Sous" dans le bruissement des pages, des signatures, des voix et des pas. "Hors" pour jeter un oeil à la Basilique, puis regarder les lumières qui s'allument avant même le crépuscule.
http://salonlivrelyon.com/
samedi 25 octobre 2008
La longueur de la frange
J'ai bu une gorgée de quelque chose, reposé mon verre en pensant que je n'aime pas du tout décrire ce que je fais, et que je ne suis pas convaincue de l'intérêt d'expliquer comment je le fais. Tout cela pourrait rester mystérieux: savoir comment on a confectionné un plat ne le rend pas plus savoureux. Etant plus frugale encore à l'oral qu'à l'écrit, je pensais m'en tenir là. Mais à l'oral, il y a des gens, et les gens, quand ils veulent des réponses, font comme les journalistes, ils vous opposent un silence pointilleux: on me regarde avec une sorte d'attente, puis d'étonnement, et enfin de frustration. Je cède avant l'inconfort. Et puis je suis là pour répondre à des questions, que j'accueille avec plaisir dès lors qu'on me parle écriture. "J'écris généralement sans savoir ce qui va se passer, où cela va se dérouler, quels personnages vont surgir, ni comment cela va finir. Au fond, je suis exactement dans la situation du lecteur qui lit l'histoire pour la première fois. Avoir un plan détruit toute envie d'écrire. S'il n'y a pas de surprise, vraiment, à quoi bon?" Je réalise au moment du "bon" que mes propos pourraient avoir l'air de porter un jugement sur les auteurs qui m'entourent , et qui eux, ficèlent, par nécessité et peut-être par goût, tout ce qu'ils écrivent dans un plan millimétré. Alors je m'empresse de bafouiller une phrase où surnage vaguement la conclusion que tout cela ne concerne que moi, tandis que je souris à l'idée de la ficelle qui me plaît beaucoup: je viens d'imaginer le roman-gigot, ce qui ne peut que m'enthousiasmer: après tout, un livre, cela se déguste. "Donc, vos propres chutes vous surprennent?". Je regarde la jeune femme qui me regarde, j'incline la tête et je souris de nouveau. "C'est pour cela que j'écris des nouvelles: la patience n'est pas mon fort, je suis bien trop curieuse de savoir comment tout cela va finir".
Evidemment, je mens. Trop dire est un désastre.
Je songe à une phrase de Vivaldi. Je songe à mon amie et écrivain Laurence Werner qui, un jour que nous parlions écriture, a eu cette phrase clé: "Méfie-toi du commentaire". J'ai mis infiniment de temps à comprendre que le commentaire est l'enfance de l'écriture, la poésie flamboyante et regorgeante de mots de l'adolescence. Vivaldi a mille fois raisons, mais que cela ne vous empêche pas de me dire le contraire.
