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ROMAN: "Tous les plafonds sont bleus"

Fleur est le seul membre de sa famille à avoir survécu à un accident de voiture lorsqu’elle était enfant. Elle est convaincue, depuis, que le hasard gouverne tout, et qu’il le fait à tort et à travers. Devenue adulte, elle décide de n’avoir aucune attache, en particulier sentimentale, et ne se pose jamais nulle part bien longtemps pour ne pas faire de racines. Le reste du temps, elle lance des dés dans les casinos. Ce n'est pas bien malin, mais chacun fait avec les armes qu'il a, même les plus inutiles.

Tableau: Violoncelle noir, par Billy Renoir. Reproduction mise en ligne avec l'aimable autorisation de l'artiste (www.billy-renoir.fr, adhérent à la Maison des Artistes, N° d'ordre F 015948, Adhérent ADAGP).


NOUVELLES: "A chaque fois que je respire"

"La dernière fois, elle est partie en catimini, une sortie très cruelle et sans fanfare, comme à son habitude. Mais cette fois, elle s’est mis en tête une idée saugrenue : le quitter avec élégance.
C’était compter sans le whisky.

Le sentiment évanoui est l’une des vingt nouvelles qui composent ce recueil où les failles se glissent partout : dans l’obscurité rouge d’un club échangiste, dans la vie étriquée d’un couple vieux depuis le début de son mariage, dans l’amour dont l’autre ne veut pas ou dans celui qu’on n’ose pas avouer, dans les battements de cœur d’une enfant entraînée par un inconnu au fond d’un fossé, dans le silence obstiné d’un petit garçon qui aime trop sa maman, dans l’esprit dérangé d’un collectionneur de papillons ou dans celui d’un sniper qui philosophe derrière son fusil à lunette…





jeudi 24 décembre 2009

L'artiste

"Le véritable artiste est celui qui a le sentiment de la vie, qui jouit de toutes choses, qui obéit à l'inspiration sans la raisonner, et qui aime tout ce qui est beau sans faire de catégories"
(Teverino, dans Teverino, de George Sand).

lundi 28 septembre 2009

Imaginer? C'est avoir de l'intuition pour rafistoler le regard

Ecrire de la fiction, cela consiste à inventer des histoires vraies.
Ecouter les sons inaudibles sous le vacarme et regarder ce qu'il y a derrière les murs. D'un seul coup le monde bruit de ce qu'on ne percevait pas.

dimanche 30 août 2009

Les entourloupes

C'est vous, ce personnage, n'est-ce pas?

Allez savoir. La chose fabuleuse quand on écrit, c'est de pouvoir s'autoriser toutes les libertés. On joue avec ce qu'on veut comme on le veut. Je mens sans vergogne. Alors ne me demandez pas de détricoter le gilet.

lundi 18 mai 2009

Vous écrivez comment? Nue.

Un écrivain, c'est ça: ça se met tout nu dans sa tête et ça s'invente des habits.

Textes et photographies, Les Nus de Marianne.

mercredi 18 février 2009

Parlez-moi anglais, je répondrai peut-être

Photographie de So-raya. Voir "Mes Liens" en bas, à droite






J'ai accepté la proposition la plus classique: on est dans un hôtel, dans le beau salon d'un bel hôtel, près d'une fenêtre, moi dans un fauteuil confortable, l'oeil irrésistiblement attiré par l'extérieur. Ce n'est pas qu'il m'ennuie, ce jeune homme, c'est que c'est inévitable: il va me poser des questions. Je perçois une forme sur ma gauche, quelqu'un va prendre des photos, et c'est plus fort que moi, je tourne légèrement tout le buste pour lui présenter mon dos. C'est enfantin, je sais bien qu'il ne va pas se laisser faire, mais je n'y peux rien: j'ai horreur qu'on me prenne en photo, d'autant que plus je vieillis, moins je suis photogénique, ce qui est diablement embêtant pour quelqu'un qui devient auteur à mon âge. Comme il a bien fallu que je propose une zone de mon corps un peu plus présentable, me voici de trois quart. Alors je secoue mes cheveux pour les faire tomber sur mes yeux, mais ma frange est trop courte. C'est assommant, des cheveux qui ne poussent pas.
Comment vous est venu l'écriture?
Poser des questions est très indiscret, mais y répondre l'est encore plus. C'est un aphorisme d'Oscar Wilde, mais je ne lui dis pas. Aujourd'hui, en plus d'être agacée, je suis butée. Alors je me tais. J'ai envie de sortir. Il fait un temps splendide, il faudrait flâner, filer dans les jardins du Louvre, sentir je ne sais quoi de léger, faire un saut dans la librairie anglaise, puis aller prendre un chocolat chaud. Je ne sais pas. L'écriture est très indépendante, vous savez. Il devrait se renfrogner mais il est bien élevé, il sourit. On me dit qu'on peut faire les photos en studio. Je réponds très vite que non, puisqu'on est tous là. Au moins, ici, je peux être absorbée par les gens qui passent, par le garçon qui m'apporte mon verre, je peux même ne penser qu'au moelleux du fauteuil et prendre les airs que je veux. Quand avez-vous commencé à écrire? Ce doit être un mystère très grand, sans doute, pour demander à tous les auteurs qu'on a sous la main de le dissiper. Vers dix ans, j'ai écrit ce que je croyais être de la poésie. Puis pendant vingt-cinq ans, j'ai appris à écrire. Je suis lente, que voulez-vous, et l'écriture ne se brusque pas, en tous les cas, pas la mienne qui est libre comme l'air. Il ne semble pas étonné, nous buvons une gorgée, il poursuit, je réponds, parfois à côté, parfois en mentant. J'ai envie de partir à la mer, je calcule que je peux être en Normandie ce soir, je suis pensive, il se dit que ce sont des manies d'écrivain et me pardonne mes absences. Du coup, je lui pardonne ses questions et je prends même des poses catastrophiques pour le photographe qui en a vu d'autres mais que j'espère très doué. Deux heures plus tard, tout est terminé. Ils vont garder des choses, pas d'autres, c'est comme je veux. Je fais oui, oui, et, enfin, je souris vraiment: je vais partir pour New York, il me faut un océan entre moi et tout cela, et une langue qui rend les réponses aux questions insistantes beaucoup moins compliquées.

mercredi 21 janvier 2009

Il ment, mais pas vraiment...?

Elle me rappelle, elle me le dit bien haut, de mieux regarder, de ne pas m'y fier: plus on y voit clair dans son jeu, plus il vous ment délicieusement, et on le suit, les yeux fermés, bien à plat sur la peau.

"Textes et Photographies", Les Nus de Marianne, en haut, à droite.

lundi 22 décembre 2008

La Muse au balcon

Elle prend le monde de loin et ne s'en émeut pas, obsédée qu'elle est par le bruit métallique des touches d'une vieille machine qui la nargue à se taire.

Rubrique "Textes et Photographies", en haut à droite, Les Nus de Marianne...

mercredi 10 décembre 2008

L'appel

Il suffit que les ondes s'érigent en mur, il suffit d'un départ inattendu... et l'on ne sait plus de quel sommeil elle dort.

Les Nus de Marianne, rubrique "Textes et Photographies"

vendredi 5 décembre 2008

D'un coup d'aile


C’est agaçant, tout à fait horripilant, et je ne peux rien y faire. De désarroi, je fixe mon stylo qui ne me dit rien, je ne jette même pas un œil à la page, je fourrage dans ma tête, certains y parviennent fort bien : à la fin, eurêka, ils jubilent. Moi, je bloque. Il faudrait faire le gros dos, ne pas s’en inquiéter, se souvenir qu’on l’aime libre, son imagination, libre et fantasque. La mienne est tout à fait indépendante : en ce moment, elle joue à cache-cache, et j’ai renoncé à lui courir après. Assise sur mon siège, j’attends, l’air de rien, mais je ne la leurre pas, et elle gambade je ne sais où.
Il y a peu, on s’est exclamé : « Mais où trouvez-vous donc toutes ces idées ? ». Là est bien le problème : je ne les trouve pas, c’est exactement l’inverse. Il y a longtemps, je pensais avoir mis le doigt sur la solution : je tendais des pièges musicaux à mon inspiration. Une mélodie, un état émotionnel, et hop ! je l’attrapais au lasso. Des années plus tard, je me suis rendu compte que je n’attrapais rien du tout, rien que la griserie des mots. Or, écrire, ce n’est pas céder à la tentation du joli mot – quand on se « lance » dans l’écriture, le pire est que l’on confond souvent « joli » et « compliqué », et l’on se gargarise d’un flot dont on ne comprend pas, encore, qu’il n’est pas de l’écriture.
Le décor, aujourd’hui, est beaucoup plus aride : je ne me raccroche à rien. C’est ennuyeux à dire, mais c’est ainsi : cela vient, ou cela ne vient pas.
Et d’en conclure que je n’ai pas d’imagination ?
C’est tout à fait, terriblement, vrai. Je n’en ai pas, c’est elle qui est. Et en ce moment, elle est où cela lui chante. J’en cafarderais de dépit si je n’avais un naturel heureux.

jeudi 4 décembre 2008

A nu, ou presque

Elle embobine son monde qui ne demande que ça, elle tend ses airs sincères et vous masque tout le reste, mais en laisse une trace, infime, pour qui voudrait bien regarder.

Les Nus de Marianne, rubrique "Textes et Photographies".

jeudi 27 novembre 2008

Un homme conquérant en diable

On ne sait pas trop s'il est planté dans le sol par les fesses. Il a le regard des conquérants et des enfants volants.

Les Nus de Marianne,  rubrique "Textes et photographies".

vendredi 21 novembre 2008

La part de soi

Toujours, cette question récurrente qui va prendre des déguisements divers, pour toujours dire, au final: "où donc se trouve l'auteur dans ce qu'il écrit?". Ce qui sous-entend qu'il est bien quelque part, et même, qu'il est (un peu) partout. Et l'on vous cite: "vous avez dit, page 32..." (on vous lit, ce que vous adorez); puis on relève la tête d'un air qui n'envisage pas la contradiction: "vous pensez donc que...?"; ou bien (c'est pire, sans aucun doute), d'un air ravi: "on vous reconnaît bien là!"

Ah mais non!
Peut-être, va savoir...
Vous croyez?
Oh?

Mais enfin, mais enfin quoi! D'agacement ou d'effarement, je ne trouve plus mes mots et je bafouille des exclamations creuses, mais il faut dire, c'est un parti-pris tellement stupéfiant...!

Comment dire... Cette drôle de conclusion est (pardonnez-moi) un peu saugrenue. Elle laisse à penser que, lorsque l'on regarde un film, on associe absolument l'acteur ou l'actrice à son personnage, ce que l'on fait rarement. Pourtant, l'acteur engage tout son corps dans son art: il utilise ses gestes, sa voix, sa respiration, des intonations qu'il n'a peut-être jamais eues de sa vie, pour incarner un personnage qui n'est pas lui. L'auteur n'est guère différent. Il puise dans ce qu'il est, dans son existence au sens large du terme. Si large, que ce qu'il a effectivement vécu ne représente qu'une goutte d'eau dans cet océan de vie. Et comme il écrit de la fiction, c'est plus fort que lui: il est bien rare qu'il ne lui ajoute ou ne lui ôte un peu de sel, d'eau, de couleur ou d'odeur. Ce n'est plus bleu, c'est rouge; ce n'est plus rond, c'est carré.

On se dévoile nécessairement dans toute création, mais il ne s'agit pas de parler de soi. En tant qu'auteur, pour paraphraser un autre auteur (lisez le dernier numéro de la revue Décapage, nul doute que vous aimerez)... En tant qu'auteur, je suis la personne qui m'intéresse le moins.

On croit que l'écriture, c'est l'expérience de l'intime.
Non, non.
L'écriture, c'est un jeu. Un jeu magnifique qui consiste à "faire comme si," absolument: c'est un jeu d'enfants.
Le plus beau, c'est la part de l'autre.

lundi 10 novembre 2008

Les Nus de Marianne

Marianne est photographe, et ses photos de Nus me parlent. Or quand des photos parlent à un auteur... que voulez-vous: il leur répond.
Ce nouveau site est celui d'une conversation dont on ne sait pas qui a pris la parole en premier, ou qui parle en dernier.

Le site se trouve en lien en haut à droite, sous "Textes et Photographies".

jeudi 30 octobre 2008

Questionnaire de Proust, ou presque.

Soft Self Portrait
Musée Dali, Figueras.









On m'a posé la question qui tétanise le plus: "parlez-nous de vous", et "on" a ouvert un calepin. A froid, chacun conviendra que c'est un peu désarçonnant. Alors j'ai fait ce qui m'a paru le plus approprié: j'ai souri aimablement, et répondu d'un air affable, "Je vous écoute".

1- Le principal trait de mon caractère :
Un entêtement qui a le bon goût de faiblir de temps à autre.
2 – L’homme le plus charmant du moment :
Il est anglais, et il a une Aston Martin.
3 - La femme la plus charmante du moment :
Celle qui regarde dans les yeux sans en avoir l’air.
4 - Ce que j’apprécie le plus chez mes amis :
D’ignorer les faux-semblants.
5 - Mon principal défaut :
La prudence.
6 - Mon occupation préférée :
Faire ce qui me chante au moment où cela me tente le plus.
7 - Mon rêve de bonheur :
Il s’adapte aux circonstances.
8 - Mon plus grand malheur en tant qu’auteur :
Ne plus pouvoir écrire ! Je plaisante... Si, je vous assure, je plaisantais. Mais de grâce, ne me demandez pas ensuite ce que j’emmènerais sur une île déserte, sinon je vous l’assure, je mens. Bien. Mon plus grand malheur d’auteur serait aussi mon plus grand malheur d'adulte… Egarer un peu trop mon enfance.
9 - Ce que je veux écrire :
De la littérature. Pas vraiment par snobisme, ni par défi ou par goût du risque, mais parce c’est ce qui sonne le mieux à mes oreilles.
10 - Le pays où je désirerais vivre :
Plusieurs, six mois ici, quelques mois là.
11 - La couleur que je préfère :
Le rouge, bien entendu.
12 - La fleur dont j’ai horreur :
L’orchidée, à cause de ses airs arachnéens.
13 - L’oiseau que je préfère :
Libre, avec un regard ahuri.
14 - Mes auteurs favoris en prose :
Je n’ai que des livres préférés.
15 - Mes poètes préférés :
Baudelaire, Char, Prévert, Eluard.
16 - Mes héros dans la fiction :

Du moment qu’ils ne meurent pas à la fin.
17 - Mes héroïnes favorites dans la fiction :
Celles dont la beauté des gestes va de soi.
18 - Mes compositeurs préférés :
Chopin, et Bach. Ou bien Beethoven. Les romantiques, il semblerait bien.
19 - Mes peintres favoris :
Ceux dont la matière des tableaux vous sautent aux yeux ; et les mains, alors, vous démangent.
20 – Mon heure favorite pour écrire :
Quand l'envie m'en prend. J'ai un rapport capricieux à l'écriture, capricieux, mais respectueux : on ne se brusque pas.
21 – La question qui m’horripile le plus :
Quand vous me verrez sourire sans répondre.
22 – Comment je choisis les noms de mes personnages :
Souvent par hasard, comme mes mots de passe que j’oublie régulièrement mais que je ne note nulle part.
23 – Mon animal préféré :
Celui des écrivains, que vous êtes drôle, vous.
24 – PC, Mac, stylo ou crayon ?
Ce que j’ai sous la main.
25 – En vérité ?!
Pourquoi pas?
26 – Avec quoi je signe :
Au stylo plume. Encre noire. La plus belle manière d’écrire. (Ah ! Quand même !)
27 – Et le don de la nature que je voudrais avoir :
La lucidité.
28 – Le souvenir que j’aimerais effacer :
C’est fait, mais il est malin et entêté : il revient toujours d’une manière ou d’une autre.
29 - État présent de mon esprit :
Un brin taquin.
30 – On écrit toujours ce qu’on est :
Si cela peut vous faire plaisir…
31 - Ma devise :
N’importe quel proverbe sympathique.
32 – Ma plus grande faiblesse d'auteur :
Longtemps, cela a été de trouver des titres. C’est sans doute encore vrai.
33 – Pourquoi je choisis des personnages un peu fêlés :
(Sourire).

mardi 28 octobre 2008

Salon du livre de Lyon

Utopies...
Quelque chose comme cela, oui, comme un léger manteau intérieur.
Je vais donc me promener Place Bellecour, sous et hors le chapiteau. "Sous" dans le bruissement des pages, des signatures, des voix et des pas. "Hors" pour jeter un oeil à la Basilique, puis regarder les lumières qui s'allument avant même le crépuscule.

http://salonlivrelyon.com/