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ROMAN: "Tous les plafonds sont bleus"

Fleur est le seul membre de sa famille à avoir survécu à un accident de voiture lorsqu’elle était enfant. Elle est convaincue, depuis, que le hasard gouverne tout, et qu’il le fait à tort et à travers. Devenue adulte, elle décide de n’avoir aucune attache, en particulier sentimentale, et ne se pose jamais nulle part bien longtemps pour ne pas faire de racines. Le reste du temps, elle lance des dés dans les casinos. Ce n'est pas bien malin, mais chacun fait avec les armes qu'il a, même les plus inutiles.

Tableau: Violoncelle noir, par Billy Renoir. Reproduction mise en ligne avec l'aimable autorisation de l'artiste (www.billy-renoir.fr, adhérent à la Maison des Artistes, N° d'ordre F 015948, Adhérent ADAGP).


NOUVELLES: "A chaque fois que je respire"

"La dernière fois, elle est partie en catimini, une sortie très cruelle et sans fanfare, comme à son habitude. Mais cette fois, elle s’est mis en tête une idée saugrenue : le quitter avec élégance.
C’était compter sans le whisky.

Le sentiment évanoui est l’une des vingt nouvelles qui composent ce recueil où les failles se glissent partout : dans l’obscurité rouge d’un club échangiste, dans la vie étriquée d’un couple vieux depuis le début de son mariage, dans l’amour dont l’autre ne veut pas ou dans celui qu’on n’ose pas avouer, dans les battements de cœur d’une enfant entraînée par un inconnu au fond d’un fossé, dans le silence obstiné d’un petit garçon qui aime trop sa maman, dans l’esprit dérangé d’un collectionneur de papillons ou dans celui d’un sniper qui philosophe derrière son fusil à lunette…





mardi 8 juillet 2008

Le dîner des écrivains pipoles.

Alors que je participais à un dîner fort ennuyeux au cours duquel la conversation avait roulé platement sur les sujets les plus convenus, quelqu'un s'est exclamé à la cantonade: "de toute façon, c'est quoi, un écrivain? Un personnage qui écrit. Un pipole avec un stylo, quoi". La dimension sociale a donné une claque terrible à la dimension littéraire. Et encore, sociale... disons médiatique. L'écriture s'est vue subitement réduite à une peau de chagrin, et, chagrinée, j'ai avalé une gorgée de vin (un excellent Haut Médoc) et gardé un silence mou. Peu m'importait les divagations de ce dîneur bourrelé de platitudes, mais il n'empêche qu'il avait posé - va savoir pourquoi, l'excès d'alcool de poire? - la seule question intéressante de la soirée: qu'est-ce qu'un écrivain?
Si vous demandez autour de vous, on vous dira sans doute que c'est quelqu'un qui écrit (ouf) et dont les livres rencontrent un certain succès.
Je dirai, avec un peu plus d'exigence, que c'est un auteur qui a un style (la fameuse "voix"). L'écrivain est connu, également (un "écrivain inconnu", bizarrement, cela ne fonctionne pas), même si c'est post mortem, surtout s'il a vécu dans une très grande misère mais n'a jamais cessé d'user ses yeux pour son art: on l'en admire d'autant plus. L'écrivain est une sorte de fou qui ne peut pas s'empêcher d'écrire, dût-il en mourir d'épuisement. S'il est connu de son vivant, et qu'il commet quelques frasques, on les lui pardonnera. Elles permettront d'entretenir son image, elles ne la terniront pas.
J'ai ouvert un dictionnaire en rentrant, et j'ai trouvé cette énigmatique phrase de Valéry: "Un auteur, même du plus haut talent, connût-il le plus grand succès, n'est pas nécessairement un 'écrivain' ". Elle ne clouera pas le bec à un dîneur fat si vous en rencontrez un (ces gens-là ne se taisent jamais), mais elle fera réfléchir les autres.

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