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ROMAN: "Tous les plafonds sont bleus"

Fleur est le seul membre de sa famille à avoir survécu à un accident de voiture lorsqu’elle était enfant. Elle est convaincue, depuis, que le hasard gouverne tout, et qu’il le fait à tort et à travers. Devenue adulte, elle décide de n’avoir aucune attache, en particulier sentimentale, et ne se pose jamais nulle part bien longtemps pour ne pas faire de racines. Le reste du temps, elle lance des dés dans les casinos. Ce n'est pas bien malin, mais chacun fait avec les armes qu'il a, même les plus inutiles.

Tableau: Violoncelle noir, par Billy Renoir. Reproduction mise en ligne avec l'aimable autorisation de l'artiste (www.billy-renoir.fr, adhérent à la Maison des Artistes, N° d'ordre F 015948, Adhérent ADAGP).


NOUVELLES: "A chaque fois que je respire"

"La dernière fois, elle est partie en catimini, une sortie très cruelle et sans fanfare, comme à son habitude. Mais cette fois, elle s’est mis en tête une idée saugrenue : le quitter avec élégance.
C’était compter sans le whisky.

Le sentiment évanoui est l’une des vingt nouvelles qui composent ce recueil où les failles se glissent partout : dans l’obscurité rouge d’un club échangiste, dans la vie étriquée d’un couple vieux depuis le début de son mariage, dans l’amour dont l’autre ne veut pas ou dans celui qu’on n’ose pas avouer, dans les battements de cœur d’une enfant entraînée par un inconnu au fond d’un fossé, dans le silence obstiné d’un petit garçon qui aime trop sa maman, dans l’esprit dérangé d’un collectionneur de papillons ou dans celui d’un sniper qui philosophe derrière son fusil à lunette…





vendredi 8 août 2008

L'originalité des auteurs

Si l’on est auteur (inconnu) et que l’on essaie de glaner de-ci, de-là, quelques informations sur ce qui fera qu’un éditeur acceptera un manuscrit, on lit souvent « originalité », laquelle déclenchera peut-être alors le fameux « coup de cœur ». Haro sur le sentiment de « déjà lu », considéré comme rédhibitoire. On ne va pas blâmer les éditeurs pour cette exigence.

On n’invente rien, vraiment. Ce n’est pas tant ce qu’on dit qui importe, c’est comment on le dit (et je passe sur le pourquoi on le dit) : c’est l’angle, et puis c’est la « petite musique » dont on parlait pour Sagan. Et là, on invente tout.
J’écrivais à un ami (Luis, vous me pardonnerez de faire déborder nos échanges sur un espace public ?) qu’il me semble qu’un auteur a « un son » au même titre qu’un chanteur ou qu’un musicien. Une fois (après maintes années de travail en ce qui me concerne), une fois, donc, qu’on pense avoir trouvé sa « voix », qu’on s’est exercé à la faire sonner, qu’on en aime le timbre et qu’on ne le perd pas, quelque chose de majeur se produit : on se sent « auteur ». Cela procure un curieux sentiment de résistance, de force, et de fragilité. Car la voix fluctue, elle prend des virages inattendus parfois, on ne la domine pas, on n’a même pas la certitude qu’elle ne partira pas un jour. Elle est comme l’imagination : tout à fait indépendante. Si j’étais chanteuse, je chouchouterais sans doute mes cordes vocales, rassurée de pouvoir faire quelque chose pour protéger mon instrument. Mais la vérité, c’est qu’il faut travailler comme un acharné.
Etre original est alors extrêmement compliqué. Il faut non seulement être « auteur », c’est-à-dire avoir trouvé ce son à soi, qu’on est allé dénicher à tâtons avec opiniâtreté sans même savoir qu'on cherchait quelque chose, en se cassant la figure et en se relevant sans cesse (en tous les cas, si l’on n’est pas un génie de la littérature), mais il faut, aussi, que ce son ne ressemble à aucun autre. Comme les chanteurs dont on reconnaît le timbre à peine a-t-on entendu la première note, il faudrait qu’à peine on a lu la première ligne on reconnaisse un auteur. C’est une ambition tout à fait démesurée, mais c’est sans doute celle qui distingue les artistes, ceux qui ont leur art chevillé au corps, des… je ne sais pas. Des autres. On n’est pas dans l’égo : on est de plein pied dans une exigence qui pousse à travailler inlassablement. Quand Tamara de Lempicka disait : « Je veux qu'au milieu de cent autres, on remarque une de mes oeuvres au premier coup d'œil », je n’y vois aucun narcissisme. Je crois qu'un artiste ne peut pas faire autrement

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour !
Oui, j'aurai tendance à être d'accord avec ces quelques mots.
Pas évident pour un auteur inconnu de se faire une place dans ce monde très exigeant, dans ce cercle très fermé.
Moi-même, passionnée d'écriture depuis l'enfance, cela fait 8 ans que je m'adonne à ce plaisir d'écrire. Je n'ai que 23 ans, alors j'apprends à écrire, j'améliore ma façon de le faire, mes choix dans les mots que j'utilise. Mais le tout, c'est que j'aime à écrire des histoires.

Aurélie D
http://jessly01.skyrock.com

Isabelle Debruys a dit…

Vous avez raison, Aurélie: il faut avant tout aimer écrire. L'enfer commence lorsque le goût d'écrire est supplanté par le désir d'être connu, voire, par le désir -compréhensible- d'être reconnu.