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ROMAN: "Tous les plafonds sont bleus"

Fleur est le seul membre de sa famille à avoir survécu à un accident de voiture lorsqu’elle était enfant. Elle est convaincue, depuis, que le hasard gouverne tout, et qu’il le fait à tort et à travers. Devenue adulte, elle décide de n’avoir aucune attache, en particulier sentimentale, et ne se pose jamais nulle part bien longtemps pour ne pas faire de racines. Le reste du temps, elle lance des dés dans les casinos. Ce n'est pas bien malin, mais chacun fait avec les armes qu'il a, même les plus inutiles.

Tableau: Violoncelle noir, par Billy Renoir. Reproduction mise en ligne avec l'aimable autorisation de l'artiste (www.billy-renoir.fr, adhérent à la Maison des Artistes, N° d'ordre F 015948, Adhérent ADAGP).


NOUVELLES: "A chaque fois que je respire"

"La dernière fois, elle est partie en catimini, une sortie très cruelle et sans fanfare, comme à son habitude. Mais cette fois, elle s’est mis en tête une idée saugrenue : le quitter avec élégance.
C’était compter sans le whisky.

Le sentiment évanoui est l’une des vingt nouvelles qui composent ce recueil où les failles se glissent partout : dans l’obscurité rouge d’un club échangiste, dans la vie étriquée d’un couple vieux depuis le début de son mariage, dans l’amour dont l’autre ne veut pas ou dans celui qu’on n’ose pas avouer, dans les battements de cœur d’une enfant entraînée par un inconnu au fond d’un fossé, dans le silence obstiné d’un petit garçon qui aime trop sa maman, dans l’esprit dérangé d’un collectionneur de papillons ou dans celui d’un sniper qui philosophe derrière son fusil à lunette…





lundi 8 septembre 2008

Le tout pour le tout

Photographe: Marianne Le Guiffant
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Certains sont
prêts à tout pour être publiés. A dépenser beaucoup d'argent, par exemple (ah, le fameux compte d'auteur...), ou bien à se montrer sur internet dans des poses avantageuses, peu habillées parfois mais c'est à cause de l'été aussi: on était tous à la plage.

Je n'ai cure des moyens employés, mais alors vraiment. La question que je me pose, plutôt, c'est pourquoi on souhaite être publié. Une fois qu'on y a répondu, en ne se ménageant pas s'entend, et qu'on a identifié une excellente raison - à ses propres yeux au moins - alors il faut essayer de trouver les meilleurs moyens de parvenir à ses fins. Je ne suis pas certaine que ceux mentionnés plus haut en fassent partie, mais c'est affaire toute personnelle.

Donc?
Donc j'ai décliné des contrats à compte d'auteur, malgré les efforts téléphoniques répétés d'un de ces éditeurs qui, sans que je ne lui demande rien (mes capacités commerciales sont nulles), a spontanément divisé par deux, devant mon refus, la somme qu'il me demandait initialement. Pourquoi diable me suis-je entêtée à dire non? Parce que je n'aime guère, comment dire... me faire avoir, en tous les cas, me faire avoir en toute conscience. Ces contrats - dont les détails étaient d'une précision chirurgicale dès lors qu'il s'agissait de définir le montant dû et les dates des versements, mais d'un flou des plus brûmeux lorsqu'étaient évoquées les obligations de l'autre partie - ces contrats, donc, m'ont grandement servi: j'ai travaillé d'autant plus et bien m'en a pris. Je n'en veux ainsi aucunement aux éditeurs qui m'ont contactée, ils ont un commerce à faire fructifier, et personne, que je sache, ne m'a posé d'arme sur la tempe pour que j'accepte leurs propositions. Peut-être, aussi, ne suis-je pas tombée sur les "bons", va savoir.

L'auteure désabusée dont j'ai vu le minois et le reste sur internet avait été publiée sans débourser un centime, sauf peut-être le montant des éventuels frais de participation au concours qu'elle avait gagné. Et ensuite? Rien, absolument rien: personne, mais alors personne, ne l'a contactée pour lui proposer d'éditer ses futures oeuvres. Très affectée par cette indifférence inexplicable, elle a essayé de montrer qu'elle avait, en plus d'une plume, un physique très photogénique, car elle venait de comprendre, trop brutalement, que savoir écrire ne suffit pas et qu'il faut savoir (se) vendre. Cette tentative m'a paru pathétique sur le coup et m'a saisie d'effroi (celui qui clôt mon dernier message, pour ceux qui cueillent ce billet-ci à la volée). Pathétique, peut-être, mais signe d'une certaine lucidité, au fond.

La publication ne fait pas arriver... je ne sais où, là où l'obsession de certains leur dessinent des lendemains qui chantonnent à tue-tête. Il faut dire, aussi, que c'est tellement difficile d'y parvenir qu'on se figure aisément qu'une fois là, on est bel et bien arrivé quelque part. Certes. Mais ce n'est pas la fin, c'est le début de quelque chose qui, de là où je suis postée, ne semble ni rose, ni lisse. C'est bête, à la fin, de vouloir quand même essayer d'y pointer son nez! Bête et pas bien compréhensible, mais j'en suis encore à clarifier le pourquoi.

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