NOUVELLES: "A chaque fois que je respire"
"La dernière fois, elle est partie en catimini, une sortie très cruelle et sans fanfare, comme à son habitude. Mais cette fois, elle s’est mis en tête une idée saugrenue : le quitter avec élégance.
C’était compter sans le whisky.
Le sentiment évanoui est l’une des dix-neuf nouvelles qui composent ce recueil où les failles se glissent partout : dans l’obscurité rouge d’un club échangiste, dans la vie étriquée d’un couple vieux depuis le début de son mariage, dans l’amour dont l’autre ne veut pas ou dans celui qu’on n’ose pas avouer, dans les battements de cœur d’une enfant entraînée par un inconnu au fond d’un fossé, dans l’esprit dérangé d’un collectionneur de papillons ou dans celui d’un sniper qui philosophe derrière son fusil à lunette, dans le silence obstiné d’un petit garçon qui aime trop sa maman…
Si vous souhaitez laisser des commentaires, cliquez à droite dans la rubrique "nouvelles", lien "4ème de couverture": je vous lirai avec intérêt!
lundi 18 août 2008
An author has a voice, a writer gets published... En fait... Non.
La Seyne sur Mer, dans le Var, Salon itinérant du livre, début de ce mois. Il est encore tôt dans la soirée, la plage encore encombrée est à deux pas, ainsi que les restaurants qui se remplissent lentement, les vendeurs ambulants ont à peine terminé d'installer leurs marchandises, ce n'est pas encore la grande foule - raison pour laquelle, d'ailleurs, il m'est arrivé ce qui suit, car j'ai horreur de jouer des coudes.
Je passe devant Richard Bohringer, tout souriant et très occupé, et avise un autre acteur avec lequel j'ai une conversation aussi intéressante qu'agréable, qui me présente à une actrice tout aussi charmante. Comme aucun d'eux ne m'a révélé d'informations top secret, et que leur rencontre avec ma petite personne est oubliée, je peux sans trahir qui ou quoi que ce soit révéler leur nom (il faut citer des noms, sinon on ne vous croit jamais, c'est rasoir à la fin). Lui (Bruno Putzulu) a publié des Conversations qu'il a eues avec feu Philippe Noiret (Je me suis régalé, chez Flammarion) - ouvrage que je n'ai pas encore terminé mais dans lequel j'ai lu quelques perles que je citerai sans doute dans la rubrique adéquate -, elle (Astrid Veillon), son dernier roman, intitulé Pourras-tu me pardonner, chez Plon - pour l'instant dans la pile de mes "livres à lire" qui grossit à vue d'oeil (et dire que c'est pendant l'été que je lis le plus... soupir...). Sans lui, je n'aurais jamais osé l'aborder - va savoir pourquoi, je n'ai pas eu peur de lui parler à lui... mais il n'y avait pas d'enjeu: ma lettre était pour elle. Oui, j'avais fait une lettre, accompagnée de deux nouvelles. Me disant... me disant beaucoup de choses un brin ridicules que j'avouerai un peu plus tard. En tous les cas, voilà qu'en face d'elle j'ai affiché un air un peu ahuri, j'ai dû bafouiller je ne sais trop quoi, pressée par une situation peu favorable (un couple frétillant et très à l'aise, lui, demandant un autographe, puis deux adolescentes non moins frétillantes demandant à être prises en photo), bref: par miracle, elle a compris ce que j'ai puissamment marmonné et m'a dit, d'un ton ferme et amical, qu'elle ne se prenait pas pour un écrivain. Quelques minutes plus tôt, c'était Bruno Putzulu qui me disait avec une modestie non feinte (d'accord, c'est un acteur) qu'il avait sans doute écrit son premier et dernier livre (mais sait-on jamais?). Ce sont eux qui ont remis les pendules à l'heure (j'aurais dû régler l'heure seule, je vous l'accorde, mais c'est ainsi, parfois on ne voit pas plus loin que le bout d'une aiguille).
A ceux qui me poseront peut-être des questions moins déprimantes que celle portant sur mes hobbies (voir l'article "l'interview" dans cette rubrique), et qui voudront connaître (par exemple) ce qu'est à mes yeux un écrivain, je pourrai répondre (en anglais, c'est ma langue "émotionnelle", il faudra donc, en plus, qu'ils soient anglophones): "A writer is a published author". Pré-requis: être un auteur, donc. Grand sourire: j'ai déjà dit ce qu'est un auteur. Et si je bafouille ou baragouine, car je ne suis décidément pas quelqu'un de doué à l'oral, je pourrai toujours les renvoyer à ces lignes.
"Et des écrivains selon votre définition, alors, il n'y en avait pas, des écrivains, à ce salon?" Mais oui, mais oui. Il y avait Pia Petersen (j'ai beaucoup aimé le seul livre que j'ai lu, acheté au hasard chez un bouquiniste: Parfois, il discutait avec Dieu), en tous les cas, il y avait une table avec ses livres, mais elle, je ne l'ai pas vue. Je n'ai vu ni parlé à aucun des autres, je dois dire, tout occupée que j'étais avec mes deux "horlogers". Cette rencontre inattendue a mis en exergue une vérité pétrifiante pour tout aspirant écrivain (j'insiste: un auteur, avant tout, qui voudrait être publié): on est édité si 1) on est connu (faites-vous un nom ailleurs, dans n'importe quoi, le livre se vendra sur ledit nom), 2) on est inconnu, mais pas tout à fait (soyez journaliste, travaillez dans la presse, au moins), 3)...? J'ose? Bon: on a du talent (allez, un style), on a bien présenté son oeuvre, on l'a envoyée par la poste, et on a de la chance: on fait partie des 1 manuscrit sur 1000 qui attirera l'attention d'un lecteur au sein d'une maison d'édition (j'ai bien dit "attirer l'attention", je n'ai pas dit "être publié", car si je ne m'abuse, le chemin est encore long après ce premier miracle). Voilà pourquoi il ne faut surtout pas écrire pour être édité, à moins d'avoir un excellent psy. Evidemment, 1) et 2) n'excluent pas le talent (littéraire), mais 3) l'exige, a priori. Il faut donc, en plus, être très lucide sur les qualités de sa plume, ce qui implique, en amont, d'en avoir une, laquelle prendra un malin plaisir à vous faire douter de son existence.
Tout ceci me fait penser à une réalité un peu démente, que j'évoquerai dans un prochain billet, une fois que mon effroi se sera apaisé.
vendredi 15 août 2008
A ceux qui se demandent...
Pourquoi n'écrivez-vous pas, pourrait-on répondre en bottant en touche.
Je vais répondre au plus court: j'écris pour raconter des histoires. C'est divertissant, ou agaçant, c'est selon. Ce n'est parfois pas une mince affaire, ça vous turlupine souvent, mais avec délicatesse. Ca vous envoie des boutades et ça fanfaronne! C'est assez capricieux, au fond... et c'est son charme, à l'histoire qui naît, d'être capricieuse.
Tellement capricieuse, indépendante, même, que parfois tout semble s'échapper, et le stylo reste en suspens. Il faudrait écrire comme on fait ses gammes, et puis peut-être, à un moment inopiné, quelque chose de quasiment extravagant se produit: l'histoire naît sous vos yeux, jusqu'à ce que, à un moment donné, parfois tout s'arrête net, va savoir pourquoi . Tout est affaire de surprise et de ténacité. Seulement on pose rarement la question "comment?"...
vendredi 8 août 2008
L'originalité des auteurs
On n’invente rien, je crois. Ce n’est pas tant ce qu’on dit qui importe, c’est comment on le dit (et je passe sur le pourquoi on le dit) : c’est l’angle, et puis c’est la « petite musique » dont parlait Sagan. J’écrivais à un ami (Luis, vous me pardonnerez de faire déborder nos échanges sur un espace public ?) qu’il me semble qu’un auteur a « un son » au même titre qu’un chanteur ou qu’un musicien. Une fois (après maintes années de travail en ce qui me concerne), une fois, donc, qu’on pense avoir trouvé sa « voix », qu’on s’est exercé à la faire sonner, qu’on en aime le timbre et qu’on ne le perd pas, quelque chose de majeur se produit : on se sent « auteur ». Cela procure un curieux sentiment de résistance, de force, et de fragilité. Car la voix fluctue, elle prend des virages inattendus parfois, on ne la domine pas, on n’a même pas la certitude qu’elle ne partira pas un jour. Elle est comme l’imagination : tout à fait indépendante. Si j’étais chanteuse, je chouchouterais sans doute mes cordes vocales, rassurée de pouvoir faire quelque chose pour protéger mon instrument. Mais la vérité, c’est qu’il faut travailler comme un acharné.
Etre original est alors extrêmement compliqué. Il faut non seulement être « auteur », c’est-à-dire avoir trouvé ce son à soi, qu’on est allé dénicher à tâtons avec opiniâtreté sans même savoir qu'on cherchait quelque chose, en se cassant la figure et en se relevant sans cesse (en tous les cas, si l’on n’est pas un génie de la littérature), mais il faut, aussi, que ce son ne ressemble à aucun autre. Comme les chanteurs dont on reconnaît le timbre à peine a-t-on entendu la première note, il faudrait qu’à peine on a lu la première ligne on reconnaisse un auteur. C’est une ambition tout à fait démesurée, mais c’est sans doute celle qui distingue les artistes, ceux qui ont leur art chevillé au corps, des… je ne sais pas. Des autres. On n’est pas dans l’égo : on est de plein pied dans une exigence qui pousse à travailler inlassablement. Quand Tamara de Lempicka disait : « Je veux qu'au milieu de cent autres, on remarque une de mes oeuvres au premier coup d'œil », je n’y vois aucun narcissisme. Je crois qu'un artiste ne peut pas faire autrement
mercredi 23 juillet 2008
Le blog de Georges F.
Georges, donc. Si vous êtes auteur, si vous espérez l'être, si vous croyez l'être, si vous souhaitez être publié, si vous désespérez de ne pas l'être: allez sur le blog de Georges (et allez sur son site, par la même occasion, il suffit de cliquer tout en bas à droite).
Et d'abord, je vais l'appeler par son nom complet: Georges Flipo sait de quoi il parle. Il a participé à une multitude de concours de nouvelles, il en a gagné un grand nombre, il a publié un roman et deux recueils de nouvelles, est sur le point de voir publier un troisième recueil "Qui comme Ulysse" chez Anne Carrière et son deuxième roman au Castor Astral.
Pourquoi parler de Georges aujourd'hui? Parce que je lui suis reconnaissante. Il y a quelques mois je l'ai un peu abreuvé de messages (disons que j'ai bien failli le harceler sans y prendre garde) tant j'étais désorientée par les méandres sinueux et redoutables du monde de l'édition. Lassé, sans doute, et inquiet, peut-être, que mon désarroi ne tourne au désespoir, il m'a très patiemment répondu. Ses réponses m'ont, un temps, laissée perplexe. Et puis peu à peu, j'ai compris (je suis un animal à maturation lente). J'ai compris toute la différence entre un wannabe et un auteur. Et j'ai cessé de m'égarer.
lundi 21 juillet 2008
L'interview
Mon interviewer est assis l'air confortable dans un gros fauteuil en cuir, il a un cahier à la main, des traces d'encre sur l'index et le pouce, il agite son stylo et me regarde impatient. Alors?
Je me creuse la cervelle mais c'est un peu la panique. Je suis sûre que les autres ont dit quelque chose d'original, même si, de loin, je l'observais gratter les réponses avec ennui. Eh bien?
Eh bien je regrette d'être venue là. Un auteur, ça a de l'esprit, j'aurais dû revisionner "Ridicule" pour me mettre au diapason, et puis justement, c'est ridicule, cette affaire: qui lira les interviews d'auteurs obscurs publiées dans une revue qui l'est tout autant et qu'un "ami" m'a recommandé, "parce qu'on ne sait jamais". C'est soudain déprimant. L'autre avant moi a eu: "quels sont vos vices?". Nos réponses serviront à faire le portrait composite des "écrivains" d'aujourd'hui. Ils s'appellent tous "écrivains", sans complexe. "Et vous, vous écrivez quoi?", "J'ai déjà publié, et vous?", "J'ai failli passer chez Flammarion". J'opine, je souris, je serre des mains et cueille au vol des oeillades férocement enthousiastes.
En vrai? J'aime les Jaguar, galoper sur les plages, les grandes villes, les descentes en rappel, les cafés concert, les lieux ramassés dans l'obscurité, et les premières lueurs du jour, surtout lorsqu'on n'a rien fait de la nuit.
"Et les chats?"
"Oui, bien sûr, les chats".
"Ah! Merci. On vous contactera si votre réponse a été retenue. Bonjour. Vous écrivez à l'ordinateur ou au stylo?"
Je pique du nez pour ne pas voir le visage ravi de l'interviewé et la file des autres qui attendent. J'ai envie de m'engouffrer dans un beau café parisien, sombre et élégant, et de siroter quelque chose de très fort, d'imiter mon héroïne dans Le sentiment évanoui même si je ne romps avec personne, et, contrairement à elle, de m'enivrer gaiement avec conscience.
jeudi 17 juillet 2008
Le "Cornichon" de Londres
mardi 8 juillet 2008
Le dîner des écrivains pipoles.
Si vous demandez autour de vous, on vous dira sans doute que c'est quelqu'un qui écrit (ouf) et dont les livres rencontrent un certain succès.
Je dirai, avec un peu plus d'exigence, que c'est un auteur qui a un style (la fameuse "voix"). L'écrivain est connu, également (un "écrivain inconnu", bizarrement, cela ne fonctionne pas), même si c'est post mortem, surtout s'il a vécu dans une très grande misère mais n'a jamais cessé d'user ses yeux pour son art: on l'en admire d'autant plus. L'écrivain est une sorte de fou qui ne peut pas s'empêcher d'écrire, dût-il en mourir d'épuisement. S'il est connu de son vivant, et qu'il commet quelques frasques, on les lui pardonnera. Elles permettront d'entretenir son image, elles ne la terniront pas.
J'ai ouvert un dictionnaire en rentrant, et j'ai trouvé cette énigmatique phrase de Valéry: "Un auteur, même du plus haut talent, connût-il le plus grand succès, n'est pas nécessairement un 'écrivain' ". Elle ne clouera pas le bec à un dîneur fat si vous en rencontrez un (ces gens-là ne se taisent jamais), mais elle fera réfléchir les autres.
mardi 24 juin 2008
4ème de couverture
mercredi 18 juin 2008
Les messages selon Sagan et Proust
Proust disait qu'un livre dans lequel on exprime un message est comme un cadeau sur lequel on laisserait une étiquette (page 138).
On va finir par croire que j'abhorre les messages glissés dans les textes littéraires... Pourtant non. Il s'agit simplement de montrer que le message ne fait pas partie des qualités littéraires d'un texte. La qualité littéraire, c'est de savoir habiller ce message. Ce qui importe, c'est la manière de dire, la "voix" que l'on entend, avec ses rythmes, ses harmonies, ses dissonances choisies, et puis le regard...En parlant de regard et de voix, voici ceux de Sagan sur l'écriture:
Ecrire, c'est une manière de regarder les choses et de les traduire (opcit, pages 168-169).
vendredi 23 mai 2008
La voix s'en mêle
L'écriture est truffée d'échos qui s'entremêlent...
mercredi 30 avril 2008
Wannabe... what? Auteur? Ecrivain?
Je me sens "auteur" non parce que j'écris - c'est bête, mais c'est parfois la première raison qui vient à certains -, pas non plus parce que je travaille mon écriture et qu'à force, j'ai commencé à mettre au jour ma "voix" - ceux qui iront sur le site myspace indiqué dans les liens comprendront mieux ce qu'il fait là, ce site, même si pour l'instant, il est encore muet.
Je me sens "auteur" parce qu'écrire fait partie de mon identité, raison pour laquelle, sans doute, j'ai eu besoin de me choisir un nom de plume.
La publication n'est pas (plus), dès lors, un objectif obsessionnel, l'ultime but, en somme, source de bien des maux lorsque rien ne se produit, ce qui est le cas dans 99,999999% (il manque un "9"?) des cas.
Pour être auteur, encore faut-il aussi "savoir écrire" (c'est assez mystérieux, et guère commode à expliquer). C'est là qu'interviennent les lecteurs, parce que sans eux, on demeure juge et partie, et malgré tous ses efforts, on ne "sait" pas vraiment.
La publication est donc une étape nécessaire à partir de laquelle on peut poursuivre son chemin d'auteur, elle n'est pas une fin en soi.
Vous imaginez un cuisinier passer des heures à concevoir un plat, à le mettre en oeuvre, à le présenter, et se contenter de le regarder? Non, il a naturellement besoin qu'on le goûte, en espérant qu'on l'appréciera, scrutant malgré lui une marque de satisfaction, fût-elle muette.
Le plaisir, en matière de création, ne peut être solitaire.
Et l'égo là-dedans?
Je ne sais pas où le mettre. Je n'y ai pas réfléchi (il sera toujours temps si un jour...). Je crois en tous les cas qu'il ne faut pas confondre l'objet et qui l'a créé. Quand j'écris, c'est une partie de moi, certes, mais ce n'est pas "moi". Si on aime, j'en suis heureuse. Si on n'aime pas, je suis déçue, mais pas annihilée en temps que personne (évidemment, je n'ai jamais - et pour cause - subi les feux hargneux de critiques payés pour agrafer les auteurs aux murs). Je ne suis pas tout entière dans ce que j'écris, c'est-à-dire que mon identité d'auteur n'a pas bouffé l'autre. Pas encore du moins :-) J'ai idée qu'après une publication, cela peut fort bien arriver... ?
jeudi 24 avril 2008
Ecrire, pour...
Mentir sans conséquences.
Composer avec ce qui n'existe pas.
Agrandir la vie. L'enrichir un peu. Peut-être.
mardi 22 avril 2008
A lire
dimanche 20 avril 2008
...ou ne commence pas
J'aimerais bien marquer une réflexion aussi réelle que profonde, seulement voilà... Je ne sais absolument pas d'où "ça" vient. Quand ça vient. Car le souci principal, avec "l'inspiration", c'est qu'elle est d'une autonomie qui rend humble, et pourrait bien rendre angoissé. "Ca" arrive bien de quelque part, mais on ne sait pas d'où, ni comment, ni -pire- quand. Plus je veux, moins "ça" vient. Je ruse, naturellement, mais mes tactiques sont médiocres, sans doute parce que je n'y attache pas grande importance, au fond. Je n'ai jamais aimé les choses domestiquées.
dimanche 6 avril 2008
COMMENT CA COMMENCE
Sur un quai de gare, presque par inadvertance, cette phrase m'a traversé l'esprit et s'est entêtée à y rester. L'effet crampon l'a emporté (je ne résistais guère à vrai dire): j'ai écrit Le marais en commençant ainsi, lors du trajet retour. Sans grande surprise: j'écris souvent dans les trains.
Pourquoi 1969?
Parce que ça sonne bien.
En vérité: parce que c'est cette date-là qui est arrivée, qu'on ne m'a pas demandé mon avis, et que je trouvais que oui, ça sonnait bien.
Ou bien je vous mens (le hasard n'existe pas vraiment) mais de la part d'un auteur il n'y a aucune raison de s'en étonner.
Les auteurs sont de toute façon les plus mal placés pour parler de ce qu'ils écrivent. Le jour où l'utopie aura oeuvré et qu'on aura envie de disséquer ce que j'écris, je laisserai avec bonheur ce soin aux critiques.
lundi 31 mars 2008
HUMEUR
Alors pourquoi je m'entête à écrire des formes courtes? Parce que je suis têtue, précisément :-)
Allez, j'ai d'autres raisons (mais n'éludez pas la première: vous savez que les boutades révèlent toujours un peu de vérité). La nouvelle se doit d'être dense, puisqu'elle est courte. Il faut qu'elle saisisse au vol, aux premiers mots, puisqu'elle n'a pas le temps de s'en donner. C'est comme une petite boule toute pleine d'énergie qui vous éclate en bouche, un espace trop étroit pour se permettre de ne pas être intense. Je ne sais pas si on écrit ce qu'on est (j'ai cette méfiance irréductible de l'écrit comme reflet de son auteur) mais on écrit sans doute un peu comme on est.