NOUVELLES: "A chaque fois que je respire"

"La dernière fois, elle est partie en catimini, une sortie très cruelle et sans fanfare, comme à son habitude. Mais cette fois, elle s’est mis en tête une idée saugrenue : le quitter avec élégance.
C’était compter sans le whisky.

Le sentiment évanoui est l’une des dix-neuf nouvelles qui composent ce recueil où les failles se glissent partout : dans l’obscurité rouge d’un club échangiste, dans la vie étriquée d’un couple vieux depuis le début de son mariage, dans l’amour dont l’autre ne veut pas ou dans celui qu’on n’ose pas avouer, dans les battements de cœur d’une enfant entraînée par un inconnu au fond d’un fossé, dans l’esprit dérangé d’un collectionneur de papillons ou dans celui d’un sniper qui philosophe derrière son fusil à lunette, dans le silence obstiné d’un petit garçon qui aime trop sa maman…

Ce recueil au rythme enlevé parle gaiement de choses dont on ne pense pas sourire. Seulement voilà : on sourit quand même, rassuré et bien content, au final, que tout cela n’arrive que dans un livre".

Si vous souhaitez laisser des commentaires, cliquez à droite dans la rubrique "nouvelles", lien "4ème de couverture": je vous lirai avec intérêt!
Affichage des messages blog dont le libellé est NOUVELLES. Afficher tous les messages blog
Affichage des messages blog dont le libellé est NOUVELLES. Afficher tous les messages blog

mercredi 23 juillet 2008

Ce qu'en disait Baudelaire

Elle a sur le roman à vastes proportions cet immense avantage que sa brièveté ajoute à l'intensité de l'effet. Cette lecture, qui peut être accomplie tout d'une haleine, laisse dans l'esprit un souvenir bien plus puissant qu'une lecture brisée, interrompue souvent par les tracas des affaires et le soin des intérêts mondains. L'unité d'impression, la totalité d'effet est un avantage immense qui peut donner à ce genre de composition une supériorité tout à fait particulière, à ce point qu'une nouvelle trop courte (c'est sans doute un défaut) vaut encore mieux qu'une nouvelle trop longue.

La longueur, en effet, ne sied guère à la nouvelle. J'ai tendance, pour ma part, à préférer les textes courts (4, 5 pages en moyenne), pour des raisons de rythme et de composition. Peut-être, aussi, ai-je eu l'intuition qu'écrire avec brièveté demandait une exigence qui allait structurer mon écriture. La moindre fêlure est grossie mille fois, on y trébuche comme dans un gouffre et on en ressort au mieux, tout endolori, au pire, follement mécontent...

Baudelaire poursuit ainsi:

L'artiste, s'il est habile (...) ayant conçu délibérément, à loisir, un effet à produire, inventera les incidents, combinera les événements les plus propres à amener l'effet voulu. Si la première phrase n'est pas écrite en vue de préparer cette impression finale, l'oeuvre est manquée dès le début. Dans la composition tout entière, il ne doit pas se glisser un seul mot qui ne soit une intention, qui ne tende, directement ou indirectement, à parfaire le dessein prémédité.

Ces extraits sont tirés des Notes nouvelles sur Edgar Poe. Vous pourrez en trouver l'intégralité juste ici: http://www.tierslivre.net/litt/baudelpoenot2.html

Epitaphe de la nouvelle

Non, c'est une blague.
En même temps, sans Annie Saumont et Anna Gavalda, on pourrait croire le genre quasiment éteint, en France en tous les cas. Je lisais, encore hier sur un blog, que la nouvelle ne se vend pas, donc, les éditeurs n'en veulent guère.
Ah.
Et si c'était l'inverse?

On m'a dit: renonce, au moins temporairement. Prouve d'abord que tu as du souffle: écris un roman. 150 000 signes minimum, a-t-on ajouté.
Il en faut du souffle, pourtant, pour ne pas le perdre sur un laps de temps si court, car si on s'essouffle, justement, c'est fini: le moindre temps mort est irrattrapable. La nouvelle peut avoir la foulée ample ou brève, elle peut avoir tous les rythmes, elle a souvent un point culminant que l'on place volontiers à la fin (la fameuse "chute") qu'il faut amener sans trébucher et asséner comme par surprise, avec légèreté, presque avec insouciance, l'air de rien, vraiment. Peut-être est-ce cet air de rien qui lui donne l'air de peu. Mais l'écriture de fiction, ce n'est que ça: donner l'air de ce qu'elle n'est pas.

Ce qui en fait un genre à part, c'est sa densité. Ce qui en fait son attrait, c'est sa brièveté. Faire "court" n'est pas faire "moins". Il n'y a pas de "mieux" ou de "moins bien". Il y a des histoires que l'on raconte.

mercredi 25 juin 2008

4ème de couverture: A chaque fois que je respire.

La dernière fois, elle est partie en catimini, une sortie très cruelle et sans fanfare, comme à son habitude. Mais cette fois, elle s’est mis en tête une idée saugrenue : le quitter avec élégance.
C’était compter sans le whisky.

Le sentiment évanoui est l’une des dix-neuf nouvelles qui composent ce recueil où les failles se glissent partout : dans l’obscurité rouge d’un club échangiste, dans la vie étriquée d’un couple vieux depuis le début de son mariage, dans l’amour dont l’autre ne veut pas ou dans celui qu’on n’ose pas avouer, dans les battements de cœur d’une enfant entraînée par un inconnu au fond d’un fossé, dans l’esprit dérangé d’un collectionneur de papillons ou dans celui d’un sniper qui philosophe derrière son fusil à lunette, dans le silence obstiné d’un petit garçon qui aime trop sa maman…

Ce recueil au rythme enlevé parle gaiement de choses dont on ne pense pas sourire. Seulement voilà : on sourit quand même, rassuré et bien content, au final, que tout cela n’arrive que dans un livre.